Prémices d’un désastre - 10

21 juillet 1720 – Bureau des échevins

« … qu’il n’y a rien dans la ville et que nous avons tout lieu de croire qu’il n’y a plus rien à craindre ». Sommes-nous tous d’accord avec cette lettre que nous venons de rédiger et dont je viens de vous faire la lecture ?

— La mention "rien dans la ville" est exagérée. Plusieurs décès ont eu lieu depuis le début du mois rue de l’Echelle. Le médecin Sicard nous a affirmé que la peste en était la cause.

— Oui mais le mal est confinée dans cette rue, la plus malfamée de Marseille, je vous le rappelle.

— Ceci n’explique ou n’excuse pas ce fléau !

— Arrêtez ! Nous ne sommes pas là pour discuter si nous faisons face à une punition divine ou pas mais comment circonscrire cette épidémie. Et je vous l’affirme, le faible nombre de morts semble donner raison aux mesures que nous avons prises. Donc, je vous repose la question : Sommes-nous d’accord pour envoyer cette lettre au Régent, qui vous le savez, se tient au courant de la situation à Marseille ?

— Oui.

— Oui.

— D’accord.

— Bien, cette lettre partira aujourd’hui. »

L’un des échevins jette un coup d’œil par une fenêtre.

« Il ne va pas falloir tarder à rentrer chez nous. Il fait très chaud et il pleut. Le temps est à l’orage.

— Au moins un bon orage nettoierait nos quartiers et qui sait, pourrait nous aider à nous débarrasser de tous nos soucis.

— Que Dieu t’endente. »

 

Malheureusement l’épidémie continua de se propager de jour en jour. Le 31 juillet, Marseille était isolée du reste du pays par ordre du parlement d’Aix.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le livre « Histoire de Marseille en treize évènements », Philippe Joutard, Paul Amargier, Marie-Claire Amouretti, Régis Bertrand, Jean Guyon, Béatrice Hénin, Eliane Richard, Anne Sportiello. Editions Jeanne Laffitte. 1988.

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